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18 mars 2008

"Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie..."

"...Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau. Toute gloire près d'eux passe et tombe éphémère ; Et, comme ferait une mère, La voix d'un peuple entier les berce en leur tombeau !"
Je commence cette note par cette citation d'un poème de Victor Hugo daté de 1836, intitulé Hymne, et qui rend hommage aux soldats morts pour leur patrie. C'est la troisième fois cette semaine que je parle de Lazare Ponticelli, le dernier poilu. La raison en est que l'annonce de sa disparition m'a beaucoup touché et ému.
Il a fallu attendre 90 ans pour que le dernier vétéran d'une guerre qu'on espérait être la dernière disparaisse. Cet homme a vécu des années sans parler de l'horreur qu'il avait vécue, et n'évoquait la guerre que pour nous convaincre de son absurdité.
L'hommage qui a été rendu hier n'était pas un hommage personnel au légionnaire Ponticelli, bien qu'il le méritât amplement comme chacun de tous ceux qu'il l'ont précédé. C'était l'hommage unanime et collectif de toute une nation, reconnaissante et fière que des millions de ses enfants, nos ancêtres à tous, se soient sacrifiés dans cette lutte fratricide avec l'Allemagne ; cette Allemagne, avec qui nous partageons tant de souvenirs douloureux, mais qui n'en est pas moins devenue une nation sincèrement amie.
Après une messe en la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides, aux voûtes de laquelle sont suspendus les drapeaux pris à l'ennemi durant les guerres que la France a menées, les honneurs militaires ont été rendus en présence du président de la République, du Gouvernement, de toutes les autorités civiles et militaires, ainsi que les 150 membres de la famille de L. Ponticelli.
La Marseillaise a retenti trois fois au cours de la cérémonie, notamment dans sa version intégrale. Le Président Sarkozy a prononcé un discours assez poignant : on peut lui reconnaître deux choses, celle de savoir donner dans la tragique et le larmoyant, et celle d'avoir des nègres qui ont le sens de la formule. J'ai trouvé ce discours émouvant, poignant, mais par-dessus tout bien trop franco-français. Où l'hommage aux 6.7 millions de soldats non français, aux autres nations mutilées comme notre voisin allemand, où la dimension européenne et mondiale du conflit dans le discours de celui qui prendra en notre nom la présidence de l'UE le 1er juillet prochain ? 
Pour conclure, je reprendrai cette phrase : La Première Guerre Mondiale a cessé d'être dans le souvenir pour entrer dans l'Histoire...

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