« Henry Madin (1698-1748), un musicien lorrain au service de Louis XV | Page d'accueil | Un nouveau coup de semonce à l'assurance maladie »
21 juin 2008
La pompe de Charles III : une expo à voir

Aujourd'hui, début de l'été, commence une exposition commémorative : celle du 4ème centenaire de la mort du duc de Lorraine Charles III, ce grand duc qui régna de 1545 à 1608 et est à l'origine de la ville neuve de Nancy.
Dans le cadre de ces commémorations, les 48 gravures de Brentel d'après de la Ruelle, et représentant le convoi funèbre exceptionnel qui eut lieu en son temps, forment le point d'orgued'une exposition au couvent des Cordeliers , dans ce lieu même où les restes des princes de la famille de Lorraine sont inhumés. Très intéressant pour qui s'intéresse peu ou prou à l'histoire de la Lorraine et aux heures fastueuses de la Nancy ducale. Hier un concert fort apprécié a eu lieu, celle de la messe d'Helfer, dont on a longtemps voulu faire croire qu'elle fut jouée en 1608, lors même que son créateur naissait à peine, accompagné d'une lecture de l'oraison funèbre (bien réelle) du duc par Gilles Laporte.
13:45 Publié dans actu, Critique, Culture, Loisirs, Un peu d'histoire | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : charles iii de lorraine, nancy, brentel, musée lorrain
















Commentaires
En effet, très belle exposition précédée d'un très beau concert dans la Chapelle des Cordeliers. Quant à la "Missa pro defunctis" de Charles d'Helfer, elle fut très probablement composée pour le repos de l'âme de l’évêque de Soissons, Simon Le Gras, dont la famille était proche de l’entourage de Marie de Médicis. Aumônier d’Henry IV dès l’âge de 17 ans, Le Gras remplissait encore cette charge auprès de Louis XIII, lorsque ce dernier lui confia le diocèse de Soissons en 1623. Ardant défenseur de l’Église gallicane, il eut l’heur de sacrer Louis XIV deux ans avant de disparaître en 1656.
L’industrie du disque a souvent comme effet dévastateur d’associer une œuvre musicale de grande ampleur à un événement historique (local ou national) majeur afin d’en gonfler les ventes, et ce sans aucun égard à la plus élémentaire chronologie. Ainsi, en est-il de cette "Missa pro defunctis" de Charles d’Helfer, que l’on a supposé en 1994 avoir été chanté lors des funérailles des ducs de Lorraine Charles III († 1608) et Henry II († 1624), alors même que le compositeur était très certainement à peine né ou ayant à peine achevé ses études musicales ! Quelque quinze ans plus tard, cette hypothèse farfelue a fini par devenir un fait établi et accepté par une large partie du public ! Comme quoi, opération commerciale juteuse et ahurissante réécriture de l’histoire vont de pair !!!
Ecrit par : Jean-Paul | 23 juin 2008
Ecrire un commentaire