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21 juillet 2008

La Constitution révisée

versailles.jpgLe Parlement de la République, réuni sous les ors absolutistes du château de Versailles, a adopté aujourd'hui la modification de la Constitution de 1958. Inspirée par le général de Gaulle et Michel Debré (père de l'actuel président du conseil constitutionnel)pour sortir de la crise algérienne, notre Constitution vient donc d'être révisée une 24ème fois cet après-midi.
Cette modification est sans doute la plus importante et la plus ambitieuse jamais voulue, par son ampleur et aussi par les changements qu'elle apporte au fonctionnement des institutions. Il faut avouer qu'à part le referendum de 1962 relatif à l'élection du président de la République au suffrage universel, les autres modifications étaient majoritairement d'ordre technique.
Malgré des critiques de tous les côtés de l'échiquier politique, le oui a obtenu 539 voix (la majorité des 3/5 étant de 538). LANG.jpgFrançois Hollande a dénoncé des dérives présidentialistes tandis que le député UMP Myard parle de"bidouillage des institutions". Parmi les mesures votées dans cette révision, notons la limitation du nombre de mandats présidentiels consécutifs à deux, la possibilité donnée au président de s'adresser au Parlement réuni en Congrès (comme aux USA) mais sans vote final (ce qui n'a donc aucun intérêt, si ce n'est de remettre en cause la séparation des pouvoirs), ou le retour ipso facto au siège de député des ministres débarqués du gouvernement (ce qui sera un moyen de pression fort utile pour le président de la république...). J'en passe... Notons quelques points positifs cependant comme l'institution d'un referendum d'initiative populaire (20% des députés et 10% des électeurs)...
L'équilibre des pouvoirs mis en place en 1958, déjà mis à mal par l'institution du quinquennat, est donc pas mal bouleversé, mais là n'est pas le plus regrettable. En regardant le journal télévisé ce soir, je me suis rendu compte que la grande majorde-gaulle.jpgité des Français ne connaissent même pas le contenu du texte présenté, et je trouve cela très grave puisque, si cela ne les touche pas directement dans leur quotidien, c'est l'essence même de l'Etat qui est concerné, et à ce titre le gouvernement ou le président auraient dû mieux communiquer sur ce sujet. Le second regret, je le partage avec François Bayrou qui "était prêt à voter un texte s'il avait touché à l'essentiel". "On aurait dû mettre autour de la table les grands courants du pays en regardant ce que sont les problèmes fondamentaux, ces problèmes-là on n'y touche pas, et donc je ne voterais pas ce faux-semblant" a déclaré le président du Mouvement Démocrate.

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