13 juin 2009

Antichrist : âmes sensibles s'abstenir

Le film avait défrayé la chronique, et la critique l'avait assassiné lors de son passage au dernier festival de Cannes : j'ai enfin eu l'occasion de voir le film Antichrist, qui a valu à Charlotte Gainsbourg le prix d'interprétation féminine. Il faut dire d'entre que c'est un prix entièrement mérité, car le jeu est surprenant et criant de terreur et de vérité.

L'histoire de ce couple dont l'enfant meurt en tombant par la fenêtre, évolue dans on ne sait trop quelle direction : le mari, thérapeute distant voire insensible, tente de sortir son épouse de la dépression et du deuil qu'elle connaît ; le tout sur fond de nymphomanie et de malaise latent. Tout prend une autre dimension lorsqu'on finit par s'apercevoir que le problème psychologique de la femme est bien plus important, et son mari s'en rend également compte. S'ensuivent des scènes d'une rare violence, mutilations notamment sexuelles difficilement supportables (le film est interdit aux moins de 16 ans et c'est largement justifié).

Si du point de vue technique, il n'y a rien a redire sur ce film : scènes très bien filmées, jeux de caméra, personnages..., on ne peut pas en dire autant du scénario. On a du mal à voir où veut en venir le réalisateur, et le film est ponctué de certaines longueurs. D'autre part, cette violence extrême dessert à mon avis le film. C'est un film sur la culpabilité et la sexualité, qui, pour reprendre le propos d'Olivier Seguret, "pêche par son propos brumeux"... Serait-ce là la représentation d'un "règlement de compte [...] entre L. v. T. avec lui-même", il nous est difficile d'entrer dans l'esprit du réalisateur, et c'est sans doute qui nous empêche d'entrer complètement dans le film.

 

 

Ecrire un commentaire