05 juillet 2008

Entracte

Je profite de la pause du week-end pour vous faire parvenir quelques photos souvenirs de notre chantiers de fouilles de l'oppidum de Boviolles où les recherches se passent au mieux.  Vous pouvez les voir dans l'album Boviolles de la colonne de gauche. D'autres nouvelles très bientot et, en passant, une pensée pour notre ami Thierry à qui nous souhaitons plein de courage et à qui nous adressons notre amitié.

21 juin 2008

La pompe de Charles III : une expo à voir

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Aujourd'hui, début de l'été, commence une exposition commémorative : celle du 4ème centenaire de la mort du duc de Lorraine Charles III, ce grand duc qui régna de 1545 à 1608 et est à l'origine de la ville neuve de Nancy.

Dans le cadre de ces commémorations, les 48 gravures de Brentel d'après de la Ruelle, et représentant le convoi funèbre exceptionnel qui eut lieu en son temps, forment le point d'orgued'une exposition au couvent des Cordeliers , dans ce lieu même où les restes des princes de la famille de Lorraine sont inhumés. Très intéressant pour qui s'intéresse peu ou prou à l'histoire de la Lorraine et aux heures fastueuses de la Nancy ducale. Hier un concert fort apprécié a eu lieu, celle de la messe d'Helfer, dont on a longtemps voulu faire croire qu'elle fut jouée en 1608, lors même que son créateur naissait à peine, accompagné d'une lecture de l'oraison funèbre (bien réelle) du duc par Gilles Laporte.

12 juin 2008

Henry Madin (1698-1748), un musicien lorrain au service de Louis XV

La vie et l'oeuvre d'Henry Madin, prêtre-musicien originaire de Verdun et sous-maître de la Musique de la Chapelle Royale de Louis XV, n'ont guère retenu l'intérêt des interprètes et des chercheurs. A ce jour, aucune étude systématique de l'héritage musical et théorique de cet artiste n'a été entreprise. Pourtant, dans son Parnasse françois, Evrard Titon du Tillet jugeait favorablement Madin, voyant en lui l'"un des meilleurs Compositeursde ce siècle pour les Motets".  Pierre-Louis d'Aquin de Châteaulion, lui, se contenta de rapporter que Madin "réussisait souvent et sa musique plaisait fort à la Cour".

A lire ces jugements favorables, une monographie s'imposait. une première partie s'attache à esquisser la carrière d'Henry Madin à la lumière de nouvelles sources et à le replacer dans son époque. La seconde propose une étude critique de l'oeuvre théorique et musicale, organisant peu ou prou les chapitres selon la chronologie imposée par les ouvrages imprimés. Des pièces justificatives et un catalogue exhaustif de l'oeuvre viennent enrichir cette étude.

 

Jean-Paul C. Montagnier, agrégé de l'Université, titulaire de deux premiers prix du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, Doctor of Philosophy in Musicology de Duke University (Durham, USA), est professeur de musicologie à l'Université de Nancy, Adjunct Professor  à McGill University (Canada) et chercheur à l'Institut de recherche sur le Patrimoine Musical en France (IRPMF-CNRS-BnF); Il est l'auteur de nombreux ouvrages, éditions critiques et articles sur la musique baroque française.

Jean-Paul Montagnier, Henry Madin (1698-1748). Un musicien Lorrain au service de Louis XV. Langres, Éditions Dominique Guéniot, 2008.

09 mai 2008

9 mai

847180477.jpgAlors qu'on célèbre aujourd'hui le 58ème anniversaire de la déclaration de Robert Schuman sur l'Europe, et par là-même la journée de l'Europe (dont la célébration remplacerait avantageusement, je l'ai déjà dit, la commémoration du 8 mai); on a appris en début d'après-midi le décès (véritable cette fois) de l'animateur, parolier et écrivain Pascal Sevran. Le créateur de La Chan55630261.jpgce aux Chansons a succombé à un cancer du poumon à l'âge de 62 ans, deux semaines après que son décès eût déjà été (à tort) annoncé sur Europe 1. Reconnaissons-lui, même si je ne regardais pas ses émissions, qu'il a joué un rôle important dans la diffusion et la popularisation de la chanson française... personnellement je préfère écouter les notes ô combien éternelles d'une 9ème symphonie de Beethoven, agrémentée de paroles de Schiller !

23 avril 2008

Mitterrand à Vichy

1568566330.jpgMardi soir, France 2 diffusait le film de Serge Moati sur "Mitterrand à Vichy", suivi d'un reportage sur le boum médiatique qu'a représenté la sortie du livre de Pierre Péan en 1994. Une jeunesse française fit un tollé sans précédent.
Le docu-fiction (dont j'ai raté le début à cause d'un problème de freebox...) a, selon moi le mérite de clarifier et de relativiser le rôle qu'a joué le 4ème président de la 5ème République dans l'administration de Vichy, et de lui redonner le rôle de résistant important qu'il a joué avec le mouvement des anciens combattants (s'il avait été collaborationniste convaincu, aurait-il fini comme commissaire nommé par De Gaulle, puis ministre?). Comme le précisait l'historien Rousso, nombreux furent les vichystes de la première heure qui rejoignirent la Résistance par la suite, mais cela nous paraît aujourd'hui inconcevable.
Si le docu-fiction montre un mitterrand jeune et ambitieux, patriote convaincu qui fait ce qui lui semble être le mieux, le documentaire qui suivait nous montrait, dans la tourmente de 1994, un Mitterrand affaibli mais convaincu de n'avoir rien à se reprocher, même dans sa relation avec Bousquet. Son erreur a peut-être été, au soir de sa vie, de ne pas reconnaître son erreur... 

01 avril 2008

La véritable origine du poisson d'avril...

1952783844.jpgCette tradition trouverait son origine en France, en 1564. Jusqu'alors, l'année aurait commencé au 1er avril, mais le roi de France Charles IX décida, par l'édit de Roussillon, que l'année débuterait désormais le 1er janvier, marque du rallongement des journées, au lieu de fin mars, arrivée du printemps. [...] La légende veut que plusieurs de ses sujets se rebiffèrent à l'idée qu'on leur chamboulât le calendrier, et ils continuèrent à célébrer les environs du 1er avril. Pour se payer gentiment leur tête, des congénères profitèrent de l'occasion pour leur remettre de faux cadeaux et leur jouer des tours pendables... [suite de l'article wikipédia...]

18 mars 2008

"Ceux qui pieusement sont morts pour la patrie ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie..."

"...Entre les plus beaux noms leur nom est le plus beau. Toute gloire près d'eux passe et tombe éphémère ; Et, comme ferait une mère, La voix d'un peuple entier les berce en leur tombeau !"
Je commence cette note par cette citation d'un poème de Victor Hugo daté de 1836, intitulé Hymne, et qui rend hommage aux soldats morts pour leur patrie. C'est la troisième fois cette semaine que je parle de Lazare Ponticelli, le dernier poilu. La raison en est que l'annonce de sa disparition m'a beaucoup touché et ému.
Il a fallu attendre 90 ans pour que le dernier vétéran d'une guerre qu'on espérait être la dernière disparaisse. Cet homme a vécu des années sans parler de l'horreur qu'il avait vécue, et n'évoquait la guerre que pour nous convaincre de son absurdité.
L'hommage qui a été rendu hier n'était pas un hommage personnel au légionnaire Ponticelli, bien qu'il le méritât amplement comme chacun de tous ceux qu'il l'ont précédé. C'était l'hommage unanime et collectif de toute une nation, reconnaissante et fière que des millions de ses enfants, nos ancêtres à tous, se soient sacrifiés dans cette lutte fratricide avec l'Allemagne ; cette Allemagne, avec qui nous partageons tant de souvenirs douloureux, mais qui n'en est pas moins devenue une nation sincèrement amie.
Après une messe en la cathédrale Saint-Louis-des-Invalides, aux voûtes de laquelle sont suspendus les drapeaux pris à l'ennemi durant les guerres que la France a menées, les honneurs militaires ont été rendus en présence du président de la République, du Gouvernement, de toutes les autorités civiles et militaires, ainsi que les 150 membres de la famille de L. Ponticelli.
La Marseillaise a retenti trois fois au cours de la cérémonie, notamment dans sa version intégrale. Le Président Sarkozy a prononcé un discours assez poignant : on peut lui reconnaître deux choses, celle de savoir donner dans la tragique et le larmoyant, et celle d'avoir des nègres qui ont le sens de la formule. J'ai trouvé ce discours émouvant, poignant, mais par-dessus tout bien trop franco-français. Où l'hommage aux 6.7 millions de soldats non français, aux autres nations mutilées comme notre voisin allemand, où la dimension européenne et mondiale du conflit dans le discours de celui qui prendra en notre nom la présidence de l'UE le 1er juillet prochain ? 
Pour conclure, je reprendrai cette phrase : La Première Guerre Mondiale a cessé d'être dans le souvenir pour entrer dans l'Histoire...

16 mars 2008

Hommage national aux Poilus

484306740.JPGCe lundi, qui verra les obsèques de Lazare Ponticelli, dernier combattant français de la 1ère Guerre Mondiale, est une journée nationale d'hommage aux combattants de 14-18. Les drapeaux seront mis en berne et le glas sonnera dans chaque commune à 11h. Deycimont ne fera pas exception. Nous rendrons hommage à nos concitoyens qui ont payé de leur vie les affreux combats de la Marne, de la Somme, de Verdun et d'ailleurs en nous rassemblant au cimetière municipal. Nous saluerons la mémoire des 13 enfants de Deycimont, dont seulement 12 sont inscrits sur le monument aux morts : Antoine AMET, Joseph BAILLY, Paul BRECHIN, Georges CONTAMINE, Henri et Georges GREMILLET, Jean-Baptiste HATTON,  Edmond LARBALETRIER, Joseph MASSON,  Auguste NOEL,  Constant PERRIN, Marcel PIERRON, et Joseph SALMON.

614926114.JPGPour ma part, plus personnellement, c'est une occasion plus particulière de saluer la mémoire de mon grand oncle Arthur Tassin, décédé devant Lunéville il y a presque 90 ans, le 20 mars 1918, à l'âge de seulement 20 ans. Il repose au cimetière militaire de Vitrimont.

 Le dernier "poilu" décédé, ne serait-il pas temps de remplacer les deux journées du 8 mai et du 11 novembre, commémorant les deux guerres mondiales, par une seule journée dédiée aux morts de toutes les guerres, et pas seulement les guerres mondiales. Cette journée pourrait être le 11 novembre, qui marque la fin d'une guerre atroce, aux conséquences démographiques terribles, et symbole dans la mémoire collective d'événements qu'on voudrait ne jamais plus voir.  Le 8 mai perpétue le souvenir de la partition et de la victoire d'une partie du monde et de l'Europe, sur une autre : il me semble que dans l'UE d'aujourd'hui, cela n'est plus pertinent. D'ailleurs VGE président n'avait-il pas supprimé ce jour férié ? Ne pourrions-nous pas plutôt célébrer la fête de l'Europe le 9 mai, plutôt que sa division le 8 mai ?  Je ne suis pas le premier, et j'espère pas le dernier, à être de cet avis. Et vous, ça vous inspire quoi ?  

12 mars 2008

Une page s'est tournée

393811015.jpgUne page d'histoire vient de se tourner. La Première Guerre mondiale vient de faire un pas énorme vers l'abstraction et les limbes de l'histoire. Plus personne pour nous raconter l'horreur des tranchées.
Le dernier soldat français de la Grande Guerre, d'origine italienne, et doyen des Français, Lazare Ponticelli, est décédé aujourd'hui, 12 mars 2008, à l'âge de 110 ans.  Dernier des poilus depuis le 20 janvier dernier et la mort de Louis de Cazenave, il est décédé au Kremlin-Bicêtre.
Il aura des obsèques nationales, ainsi qu'il l'avait accepté, mais celles-ci seront consacrées aux 9 millions de Poilus décédés lors de la Der des Ders. 

22 février 2008

La Terre a tremblé à Colombey...

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... en effet un géant s'est retourné dans la tombe qui lui sert de dernière demeure, dans le cimetière de son petit village de Colombey-les-deux-églises. Je parle, bien entendu, du général De Gaulle après qu'il a entendu l'hommage appuyé (tellement qu'il en sonnait faux) de son successeur à l'Elysée. Nicolas Sarkozy, inaugurant aujourd'hui aux Invalides l'Historial (mémorial audiovisuel) Charles de Gaulle, a tenté (sans trop convaincre tout de même), de démontrer que l'héritage du Général était toujours une source d'inspiration pour lui (je me demande bien d'où il sort ça ! ).

Selon le Président, De Gaulle fut "le premier à comprendre la nécessité de l'ouverture pour rassembler les Français", mais je pense que le plus illustre des Français ne l'entendait pas de cette oreille, et que l'ouverture signifiait moins pour lui "débauchage dans les autres partis", que " rassemblement des hommes de grande valeur au service de la France". Il a également souligné que le Gaullisme "n'a jamais été une idéologie, n'a jamais été une religion" : ajoutons que tout cela a bien changé...

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