20 octobre 2009

Réformer les collectivités territoriales ; première impression

Le président a présenté à Saint-Dizier sa réforme des collectivités territoriales. Evidemment il y en a à prendre, et à laisser. Nous sommes tous d'accord sur le fait qu'une réforme, qu'il vaudrait d'ailleurs mieux nommer simplification, est nécessaire en France. La superposition des différents échelons de compétences et de territoires a abouti au mille-feuille actuel dans lequel il n'est pas toujours simple de se retrouver.

Il faut admettre qu'entre les 36000 communes, les communautés de communes qui prennent de plus en plus d'importance, les syndicats de pays,  départements, régions, auxquelles s'ajoutent les simples circonscriptions électives (cantons pour les conseillers généraux, circonscriptions pour les députés), l'affaire est complexe.

La simplification est donc une chose souhaitable et souhaitée.

Parmi les choses positives annoncées par le chef de l'Etat, la réduction de moitié du nombre d'élus, résultant de la fusion des mandats de conseillers généraux et régionaux - avec pour corollaire, une meilleure définition des compétences à chaque niveau. On aurait peut-être même pu aller plus loin en supprimant les départements ; j'y suis personnellement favorable, mais là encore il était délicat de s'y atteler sans se mettre à dos nombre d'élus locaux (Ce n'est pas une question de légitimité historique du département...). Cette réduction permettra certainement quelques petites économies sur le budget des collectivités, mais est une bonne occasion de donner à l'élu local des indemnités qui soient proportionnelles à l'augmentation du travail qui en résultera, et lui permettent de ne pas cumuler les mandats, créant ainsi les conditions d'un renouvellement nécessaire des générations d'élus (j'aime évidemment à citer l'exemple vosgien de C. Poncelet qui en est à sa 46ème année au poste de conseiller général de Remiremont, dont 33 ans de présidence...).

Cependant, la chose qui me chagrine le plus réside dans le mode d'élection de ces futurs conseillers territoriaux qui seront élus dans le cadre de cantons (sans doutes remaniés à la manière des circonscriptions...) au scrutin uninominal. Mais où donc sera la représentativité ? Pense-t-on que les 20% de proportionnelle donnés en miette aux futurs opposants suffiront ? Le scrutin de listes, actuellement utilisé lors des régionales permet au moins une diversité et une représentativité plus importantes. De là à qualifier cette réforme de recul de la décentralisation et de la démocratie locale...

 



03 octobre 2009

L'école républicaine doit demeurer gratuite, laïque et non vénale...

65399-dollars-euros-argent-monnaie.jpgVoici la dernière chose que le gouvernement vient de nous pondre (et ce n'est malheureusement pas la poule aux oeufs d'or, mais plutôt aux idées foireuses...) : si j'ai bien tout compris, même si la chose est seulement en expérimentation, on créerait des cagnottes collectives pour chaque classe afin d'inciter les élèves à aller en cours, et ce pour une somme qui pourrait aller annuellement jusqu'à 10 000 euros (!!!).

Plusieurs réflexions à ce sujet. Personnellement, cela m'indigne au plus haut point ; l'école était jusqu'ici un endroit où les jeunes étaient encore à l'abri dans le royaume tout puissant de l'argent. Mettre cela aux orties revient à rejeter le fondement moral de l'école républicaine. Même si nous nous sommes bien éloignés de l'école de la IIIe République avec ses hussards noirs, je reste comme beaucoup d'entre nous, attaché à ce modèle (ce n'est d'ailleurs pas pour rien si un portrait de Ferry orne la bannière de ce blog). Sur ce point, je suis conservateur et je le revendique. Bien sûr nous avons tous plus ou moins connu cela avec le système des images, mais cela ne revêtait évidemment aucun caractère financier - si je me souviens bien, j'ai dû obtenir comme cela un stylo plume ou des babioles de ce genre...

L'école buissonnière a toujours existé et existera toujours, n'en déplaise à M. Sarkozy. Celui qui n'aime pas l'école ne l'aimera pas plus avec ce système absurde, qui la rend d'autant plus détestable. Quelle est cette tendance actuelle à croire que l'argent peut résoudre tous les problèmes ??? Investissons plutôt dans une amélioration des structures, des formations plus adaptées à l'emploi, dans des classes moins chargées, plus proches de l'étudiant. On peut toujours améliorer le système afin de le rendre plus performant. La nouvelle mesure ici proposée ne fait que l'enfoncer un peu plus...

Est-ce pour en arriver à ce résultat que l'on supprime des postes...?

30 septembre 2009

Petit message musical, désormais célèbre !

28 septembre 2009

Confusion des genres

polanski.jpgNous avons tous entendu parler, depuis deux jours, de l'arrestation en Suisse du cinéaste Roman Polanski. Réalisateur de films au succès mondial comme Chinatown, La jeune fille et la mort, ou encore Le Pianiste, il est sous le coup d'un mandat d'arrêt américain depuis 31 ans.

En 1978, il a été accusé dans une affaire de moeurs mettant en jeune mineure de 13 ans ; il avait d'ailleurs reconnu les faits mais avait réussi à échapper à la justice en s'enfuyant. Il n'a d'ailleurs jamais remis les pieds aux USA. C'est en France qu'il a reçu, après coup, l'oscar du meilleur réalisateur 2003 pour Le pianiste.

Que l'information soit diffusée et que l'on se pose des questions sur la pertinence de cette arrestation est bien sûr tout à fait normal. Cependant je trouve malsain que des personnalités comme un ministre de la République se permettent d'exprimer, comme l'a fait monsieur Mitterrand, leur soutien au réalisateur, en criant à l'injustice et au scandale. M. Polanski est, certes, un réalisateur de talent, mais cela ne le place pas au-dessus des lois lorsqu'il les transgresse. Laissons plutôt la justice faire son travail. Je ne crois pas que nous appréciions qu'un secrétaire d'Etat américain vienne mettre son nez dans un procès français qui ne le concernerait pas.

A bon entendeur, Frédéric, Salut !

27 septembre 2009

Le calme d'Aurichapelle

DSCN2369.JPGQuand la bruit assourdissant de la ville devient insupportable et que l'omniprésence des immeubles, des rues rectilignes se fait trop immédiate, une chose unique s'impose : fuir !! Fuir et reprendre le chemin du pays natal et rural où le calme et la verdure nous abstraient des soucis oppressants.

S'il est un endroit où le temps semble s'être arrêté, c'est bien dans cette partie des bois qui surplombent Deycimont. On y accède par un petit chemin de terre descendant en pente douce vers le fond d'une petite vallée. Au bout de quelques centaines de mètres, le chemin se rétrécit pour ne plus être qu'un petit sentier. DSCN2379.JPGCe dernier aboutit à une roche de grès au pied de laquelle émerge une petite source qui formera le Durbion, petit affluent de la Moselle.

Depuis ce rocher d'Aurichapelle, bercé de légendes ancestrales que son étymologie confirme (Auri Capella : la Chapelle d'Or), et sur les premières centaines de mètres, le petit ruisseau ainsi constitué suis son cours incertain, entre les résineux, sur un épais lit de mousses vertes qui colonisent une large surface de part et d'autre du cours d'eau.

A la fin de l'été, cet endroit pratiquDSCN2390.JPGement désert me rappelle la description que fait Steinbeck de la rivière Salinas au début de son excellent livre Of mice and men (Des souris et des hommes) : "A quelques milles au sud de Soledad, la Salinas descend tout contre le flanc de la colline et coule, profonde et verte. L'eau est tiède aussi, car, avant d'aller dormir en un bassin étroit, elle a glissé, miroitante au soleil, sur les sables jaunes. D'un côté de la rivière, les versants dorés de la colline montent en s'incurvant jusqu'aux masses rocheuses des monts Gabilan, mais, du côté de la vallée, l'eau est bordée d'arbres : des saules, d'un vert jeune quand arrive le printemps, et dont les feuilles inférieures retiennent à leurs intersections les débris déposés par les crues de l'hiver ; des sycomores aussi, dont le feuillage et les branches marbrées s'allongent et forment voûte au dessus de l'eau dormante..."